Adapter les soins aux personnes à faible littératie en santé

Une étude menée aux Pays Bas a tenté de cerner les compétences et mesures nécessaires pour permettre aux établissements de soins de santé de mieux tenir compte des patients à faible niveau de littératie en santé.

Un recensement des outils méthodologique a été mené, ainsi que des entretiens avec des personnes actives dans le domaine. L’étude a permis d’établir un état des lieux et d’identifier 10 pistes d’amélioration possibles, comprenant notamment une plus grande implication de l’organisation dans son ensemble, une étude des besoins de la population concernée et le développement d’une communication simple et claire, à développer en impliquant directement le groupe cible concerné.

Retrouvé la synthèse rédigée dans le cadre de notre veille scientifique : Veille scientifique – littératie en santé

Hospitalisation des personnes handicapées : un guide pour les soignants.

Le film « Handicap et Hôpital » est un guide de bonnes pratiques pour la prise en charge de la personne handicapée. Il aborde principalement la relation soignant-soigné, via des témoignages de professionnels et de proches de patients :

  • Les difficultés liées à méconnaissance des spécificités du patient, le manque de temps pour le comprendre, écouter ses besoins et instaurer la confiance.
  • Le manque d’informations pour établir un contact direct avec la personne selon ses spécificités et son mode de communication.
  • L’environnement humain et matériel qui permet de limiter les angoisses de la personne handicapée, déjà en perte de repères.

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Par des témoignages et exemples très concrets, ce film guide les soignants pour une meilleure prise en charge des personnes en situation de handicap, et propose des outils comme le Poster qui parle de Sparadrap ou certains tableaux de pictogrammes (grille Algoplus, Guide de la PHP…) qui permettent de faciliter la communication entre les soignants et les patients.

Témoignage d’une médiatrice culturelle

Alma est médiatrice culturelle au CHU St Pierre, elle est interprète et accompagne chaque jour des patients albanais ou italiens. Un témoignage qui révèle le rôle essentiel de cette mission pour répondre aux besoins des patients : ces professionnels établissent un lien interculturel primordial face au décalage lié à la perception du corps et à la maladie. Ils contribuent à la qualité des soins en assurant la communication avec le patient et en garantissant un relais de l’information médicale utile.

Lisez le témoignage dans son intégralité sur Bruxelles Bondy Blog

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Qualité des soins et langue étrangère

Comment soigner correctement un patient quand il parle une langue étrangère ? La communication est incontournable : des études ont démontré que la barrière linguistique tend à altérer la qualité des soins. Si le patient est parfois accompagné d’un proche qui fait office d’interprète, le contexte émotionnel n’est pas toujours approprié pour garantir l’exactitude des informations relayées.

Pour faire face à ces difficultés, certaines initiatives ont porté leurs fruits :

  • L’élaboration d’une liste du personnel maîtrisant une langue étrangère et capable d’expliquer le processus de prise en charge, ou de relayer l’information médicale auprès du patient.
  • La collaboration avec des interprètes professionnels pour assurer un échange neutre et efficace.

La mission de l’interprète est de grande importance car il a également un rôle de médiateur interculturel, c’est un véritable allié dans la relation entre le soigné et le soignant :

  • Il permet au patient de se sentir mieux écouté.
  • Il veille à ce que l’information soit bien comprise et interprétée, notamment compte tenu des représentations culturelles du corps, de la santé et de la maladie.
  • Il fournit au soignant les informations indispensables à sa pratique.

C’est un métier qui peut être spécifiquement dédié au secteur hospitalier, pour contribuer à la qualité des soins et à la satisfaction des patients.

N’hésitez pas à nous partager vos pratiques à ce sujet, nous les relayerons sur ce site.

Source : www.personneldesante.fr

 

Analphabétisme et inégalités de santé

C’est en prenant conscience des difficultés ressenties par certains de ses patients moins lettrés que le Docteur Gilles Henrard, médecin généraliste, a décidé de mener un travail en collaboration avec l’association Lire et Ecrire. Dans le domaine de la santé, le niveau d’alphabétisation influence la capacité d’un individu à obtenir, interpréter et comprendre des informations et services, afin de pouvoir ainsi faire des choix éclairés. Un tableau, élaboré dans le cadre de cette étude, fait référence aux tâches directement associées au niveau d’alphabétisation des personnes : ces données démontrent l’ampleur de l’exclusion sociale qui peut en découler. Le Dr Henrard a sollicité l’avis des patients concernés par cette situation et a fait état de leurs recommandations adressées aux médecins. Il a ainsi résumé six conseils simples pour améliorer la communication du généraliste avec le patient, et particulièrement avec les patients analphabètes :

  • ralentir ;
  • éviter le jargon médical ;
  • montrer ou dessiner des illustrations ;
  • limiter le nombre d’informations données à chaque contact et répéter les informations ;
  • faire répéter ce qui a été dit et demander au patient de refaire les gestes décrits pour confirmer sa compréhension ;
  • être empathique et encourager le patient à participer à ses soins.

Des recommandations qui s’appliquent bien sûr à toute prestation de soin, pour pallier au phénomène des inégalités de santé.

Source : Fédération des maisons médicales (Gilles Henrard, Octobre 2009) – retrouvez ici l’article complet