Beaucoup de patients ignorent encore le prix de la consultation

A l’occasion de la Journée européenne des droits du patient, la Mutualité Chrétienne (MC) a dévoilé les résultats d’une étude relative aux connaissances des patients par rapport aux prix des consultations. Le but ? Encourager prestataires de soins et patients à aborder la question. Nous avions déjà évoqué cette question lors d’un atelier du projet ASPE en 2014.

L’étude a révélé que la situation varie fortement d’un prestataire de soins à l’autre. Ainsi, 94 % des patients qui ont consulté un généraliste dans l’année écoulée savaient à l’avance le prix qu’ils auraient à payer. Les résultats sont aussi bons chez le psychiatre (75 %), le logopède (68 %) et le kinésithérapeute (64 %). Mais il y a encore du pain sur la planche pour d’autres prestataires. D’après l’enquête, seuls 33 % des patients savaient ce qu’ils auraient à payer chez leur dentiste, contre 46 % chez leur ophtalmologue et 52 % chez leur gynécologue…

Ces résultats s’expliquent notamment par le fait que les patients n’abordent pas toujours eux-mêmes la question du coût avec leur prestataire. D’autre part, il n’est pas rare que les prestataires de soins omettent d’informer leurs patients du coût du traitement, ou qu’ils ne le fassent qu’au moment du paiement.

Un autre chiffre interpellant : 53% des répondants ignorent si leur médecin généraliste est conventionné ou non. Pour remédier à ce manque de connaissances, les patients estiment que les mutualités ont un rôle important à jouer dans l’information. Ainsi, 95 % d’entre eux estiment que leur mutualité devrait recevoir un récapitulatif complet mentionnant les prestations réalisées et leur coût.

Enfin, lors de cette Journée des droits du patient, la MC et Altéo (Mouvement social de personnes malades, valides et handicapées) ont lancé une campagne pour encourager les patients à aborder la question du coût avec leurs prestataires de soins. Outre des actions à travers tout le pays, une vidéo et une campagne en ligne (www.mc.be/cout) sensibilisent les patients sur le sujet. De plus, dans une brochure pratique, la MC liste dix conseils pour réussir sa consultation chez le médecin, et mieux s’informer à l’avance.

 

Recontacter le patient pour l’informer d’un nouveau traitement

Récemment, le Conseil national de l’Ordre des médecins s’est penché sur la question de l’information à transmettre aux patients «perdus de vue », notamment lorsqu’un nouveau traitement pourrait leur être soumis. La question est replacée dans le contexte des droits du patient et devoirs des médecins, sur base duquel une recommandation est formulée.

consultation2Actuellement, le cadre légal ne prévoit pas de règles pour reprendre contact avec un patient lorsque de telles situations se présentent. Face à cette question, l’Ordre des médecins rappelle que le patient a droit à des prestations de qualité et le médecin a des devoirs, dont celui de tenir compte de l’évolution rapide de la médecine. Cela signifie que le médecin est tenu de demander au patient ayant recouru à tous les traitements possibles s’il souhaite être contacté au cas où un nouveau traitement est découvert dans l’avenir, et ce, même si la relation thérapeutique entre le médecin et son patient a pris fin. Si le patient donne son accord au médecin, ce dernier est tenu de recontacter le patient pour lui demander s’il souhaite obtenir plus d’informations. De sont côté, le patient a le droit de refuser de recevoir ces informations, ce qu’il convient également de respecter.

Journée européenne des Droits des Patients

Le 18 avril était la journée européenne des droits des patients. L’occasion de revenir sur une campagne de communication du Ministère de Santé, qui rappelle ces droits en image.

Image de prévisualisation YouTube

Retrouvez ici la chaîne qui reprend toutes les vidéos.

Cette journée était également l’occasion de rappeler l’importance du consentement éclairé des patients sur l’échange de données médicales entre prestataires de soin. Un sujet abordé dans le Forum (RTBF La Première), avec plusieurs intervenants :

  • Jean Hermès, secrétaire général des mutualités chrétiennes
  • Thomas Orban, médecin généraliste
  • Jean-Jacques Quisquater, professeur en cryptographie.

Le dossier informatisé présente de nombreux atouts pour la prise en charge du patient : il évite de multiplier les examens médicaux et facilite l’échange de données entre prestataires de soins. C’est un outil précieux pour les malades chroniques et il permet de maintenir chaque patient informé (notamment) de ses rappels de vaccins. Toutefois, cette gestion électronique des données médicales ne peut être établie sans l’accord du patient, ce qui nécessite la garantie d’un outil sécurisé. Un élément incontournable qui augmente la contrainte en terme de développement mais aussi en terme d’utilisation par les prestataires de soin. D’autre part, la question se pose aussi de savoir comment formuler les informations dans ce dossier partagé, pour qu’elles soient consultées uniquement par le monde médical, ou également compréhensibles pour le patient et sa famille.

Ecouter le podcast de l’émission « Le Forum de Midi », diffusé sur RTBF La Première.

 

Hospitalisation et spiritualité

Nous avons déjà évoqué dans plusieurs articles l’importance des aspects culturels pour une approche des soins orientée patients. La spiritualité est fortement liée à ces aspects culturels : elle est issue d’une réflexion personnelle autour d’expériences de vie, et peut être liée ou non à la religion.

Le patient hospitalisé et ses proches, confrontés à des situations de maladie grave ou de mort imminente, cherchent souvent à donner du sens à la situation, à apprivoiser des angoisses et exprimer des sentiments profonds. Le fait de se rattacher et de se rassembler autour de notions spirituelles peut aider à surmonter certaines situations (aussi surmontables qu’elles puissent être), pallier à la solitude et augmenter la résistance psychologique pour faire face à la maladie.

La spiritualité est souvent mise sur le côté par les professionnels de soin : ils se concentrent sur les aspects médicaux et purement physiques de la prise en charge et doivent faire preuve de neutralité pour aborder le patient en toute objectivité. Le site Hospichild propose un dossier pertinent sur le sujet, évoquant les approches de la spiritualité à l’hôpital, le défi que cela représente pour les soignants et des exemples de mise en pratique.

Suite à un groupe de travail mené à l’Université de Lausanne pour traiter de « L’esprit et ses mécanismes face à la mort », un cycle de conférences a été mené en 2013 sur la santé et la spiritualité. Le psychiatre Jacques Besson, professeur à l’Université de Lausanne, a participé à ce groupe de travail et introduit ici la notion de Santé spirituelle.

Image de prévisualisation YouTube

Découvrez également l’intervention du Professeur Dominique Jacquemin, lors de la conférence organisée par l’asbl Sesame en 2012 « Spiritualités : quelle place leur accorder dans les soins ? ».

N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences sur le sujet.

Respect de la dignité des patients : un film pour susciter le débat

Le respect de la dignité et de l’intimité fait partie intégrante d’une approche orientée patient. Dans un article précédent, nous avions déjà évoqué le respect de la pudeur du patient. Il s’agit ici d’améliorer les pratiques en abordant la question selon un processus d’échange d’expériences entre professionnels (assistants sociaux, infirmiers, médecins, cadres, étudiants…) et représentants de patients. Quel comportement adopter pour s’adresser au patient ? Comment signaler sa présence ? Quelles circonstances pour assurer la confidentialité ? Quels incontournables pour veiller au respect de l’intégrité physique et psychologique à chaque instant de l’hospitalisation ?

Ce film, réalisé par le Groupe hospitalier intercommunal Le Raincy-Montfermeil, est un outil inspirant pour susciter le débat en interne.

Image de prévisualisation YouTube