Vers une amélioration de l'expérience du patient à l'hôpital

Inégalités de santé face au phénomène migratoire

En 2012, le groupe de travail ETHEALTH a rassemblé des experts en soins de santé et spécialistes de l’interculturel pour formuler des recommandations afin de réduire les inégalités de santé parmi les migrants et minorités ethniques. Plus que jamais d’actualité, ces recommandations portent sur quelques principes-clés : Assurer une prise en charge adaptée à ces groupes de populations en tenant compte du quotidien de la personne, de son contexte socio-économique, culturel et de communication, pour favoriser des soins de santé non discriminatoires. Prévoir des formations pour sensibiliser le personnel soignant, afin d’avoir des professionnels culturellement compétents face aux inégalités ethniques de santé. Assurer un processus de prévention et de promotion de la santé auprès des migrants et des minorités ethniques, leur donner les mêmes opportunités que le reste de la population.

Quelle place pour l’expertise du patient dans le monde médical ?

Aujourd’hui, si le système de soins tend à placer le patient au centre de ses préoccupations, le corps médical reste perçu comme détenteur du savoir de la maladie du patient (alors que le patient a des croyances sur sa maladie). Or, le patient vit sa maladie au quotidien et dispose lui aussi d’une forme d’expertise sociale de sa maladie, alors que le médecin dispose de l’expertise scientifique et biologique. Natasia Hamarat a observé des groupes de soutien de femmes atteintes d’un cancer en Belgique francophone et a relevé l’expérience de certaines d’entre-elles. Elles ont été confrontées à des situations de négociation et des rapports de domination, dans lesquelles elles avaient beaucoup de difficulté à faire valoir leur expérience du vécu de la maladie. Comme l’illustrent les propos d’Isabelle, qui évoque les

Prise en charge de patients défavorisés : le pouvoir du langage

Les termes utilisés par les professionnels de la santé et du social pour évoquer les populations marginalisées tendent à influencer le mode de prise en charge de ces populations. Le langage influence notre attitude et il n’est pas évident de déterminer les mots les plus adaptés pour évoquer, entre professionnels, les réels besoins de certaines populations sans susciter des préjugés. A titre d’exemple, certains groupes de populations sont définis par la caractéristique unique de « faible revenu » alors que chacun d’eux a des besoins et situations de vie qui diffèrent. Les termes utilisés entre professionnels peuvent avoir une influence sur la manière d’aborder certains problèmes et d’envisager des solutions. Il s’agit d’adapter la prise en charge au contexte et aux besoins spécifiques de certaines populations, en se posant des questions-clés (comment

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