Quelle place pour l’expertise du patient dans le monde médical ?

Aujourd’hui, si le système de soins tend à placer le patient au centre de ses préoccupations, le corps médical reste perçu comme détenteur du savoir de la maladie du patient (alors que le patient a des croyances sur sa maladie). Or, le patient vit sa maladie au quotidien et dispose lui aussi d’une forme d’expertise sociale de sa maladie, alors que le médecin dispose de l’expertise scientifique et biologique.

Natasia Hamarat a observé des groupes de soutien de femmes atteintes d’un cancer en Belgique francophone et a relevé l’expérience de certaines d’entre-elles. Elles ont été confrontées à des situations de négociation et des rapports de domination, dans lesquelles elles avaient beaucoup de difficulté à faire valoir leur expérience du vécu de la maladie. Comme l’illustrent les propos d’Isabelle, qui évoque les effets secondaires de l’immunothérapie : « J’ai besoin de cette sensation de plaisir, de bien-être, c’est ce qui nous fait sentir vivant.(…) Je me dis : si tu as le choix entre vivre 5 ans en ressentant pleinement toutes ces sensations ou vivre dix ans comme ça, je choisi les cinq ans. Et ça, je leur ai expliqué (…) j’ai l’impression de ne pas être écoutée dans ce sens-là. ». Ou encore, les propos de Valérie : « (…) si on a pas envie d’être touchée, d’absorber une substance, c’est notre droit, c’est notre choix. Par contre, on doit le faire en connaissance de cause, en connaissant toutes les implications que ça peut avoir »

Selon l’auteure de l’article, cette expertise du patient par rapport à son corps se pose dans tous les domaines médicaux, mais aussi au niveau des décisions politiques, scientifiques, éthiques et financières du domaine de la santé.

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Quelle place pour l’expertise du patient dans le monde médical ? Natasia Hamarat, 11 mai 2015, www.inegalites.be

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