Des soins palliatifs, bien avant l’arrêt des traitements

Nous l’évoquions dans un article en juin dernier, les soins palliatifs connaissent une évolution. Alors que la loi relative aux soins palliatifs n’avait encore jamais été modifiée depuis 2002, les réalités de terrain et les mentalités ont changé. Une nouvelle loi a été publiée en août dernier : une adaptation législative qui devrait amener à débuter les soins palliatifs plus précocement.

Dans notre pays, des études ont mis en évidence que les soins palliatifs sont commencés bien trop tardivement, alors que les besoins sont présents plus tôt. L’étude FLIECE**, menée en Flandre, a permis d’objectiver la situation : pour les affections non cancéreuses (par ex. une insuffisance cardiaque), les soins palliatifs débutent en moyenne 10 à 12 jours avant le décès du patient. Pour les pathologies cancéreuses, le recours à de tels soins a lieu en moyenne 3 semaines avant le décès. C’est deux fois plus tard que dans d’autres pays comme les Etats-Unis.

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La nouvelle loi élargit le concept des soins palliatifs en ne le limitant plus à la ‘fin de vie’. Une modification législative qui devrait mener, sur le terrain aussi, à une modification des pratiques.

Pour faciliter le processus, un outil vient d’être mis au point afin d’identifier les patients palliatifs et d’évaluer leurs besoins, indépendamment de leur pathologie et de leur espérance de vie. Les experts de la Commission d’évaluation soins palliatifs doivent maintenant se pencher sur son implémentation.

La Fondation contre le Cancer, de son côté, souligne qu’il existe encore beaucoup de tabous par rapport aux soins palliatifs et qu’il est essentiel, à côté de cette nouvelle loi, de travailler aussi sur la communication auprès des professionnels et des patients.

* La loi modifiant la loi du 14 juin 2002 qui vise à élargir la définition des soins palliatifs, entérinée par la Chambre le 23 juin 2016, a été promulguée le 21juillet 2016 et publiée au Moniteur belge le 29 août 2016.

**Flanders Study to Improve End-of-Life Care and Evaluation Tools FLIECE

Une formation à la bientraitance

Créer du lien entre le soignant et le soigné, apprendre les gestes appropriés pour les patients les plus vulnérables, être à l’écoute des besoins de celui qui ne peut pas s’exprimer… voilà quelques objectifs de la formation à la bientraitance. Parfois difficile à appliquer compte tenu des conditions de travail des soignants, la bientraitance soulève la question de la dignité de la personne fragilisée. Démonstration en images.

Une tablette ludique pour mieux informer l’enfant

Grâce à la générosité d’une entreprise numérique, l’hôpital du sud de Rennes a développé un jeu interactif sur tablette pour accompagner l’enfant tout au long de son parcours opératoire. Loin de distraire le petit patient, le programme a pour objectif de le conscientiser et de lui offrir l’opportunité d’exprimer ses émotions. L’occasion d’informer et de rassurer l’enfant qui doit subir une opération chirurgicale.

L’aromathérapie pour atténuer la douleur

En avril dernier, le CHU Ambroise Paré à Mons lançait un projet d’aromathérapie hospitalière orienté sur les douleurs chroniques. Une trentaine de patients ont déjà pu bénéficier de cette prise en charge, sur prescription médicale, en complément à leurs autres traitements.

shutterstock_362623601Cet accompagnement en aromathérapie repose sur l’application d’huiles essentielles pour améliorer le confort des patients hospitalisés. L’hôpital utilise des associations de différentes huiles, conçues sur mesure pour ses patients. Elles sont appliquées par voies cutanée ou olfactive, et ce, sans interagir avec les traitements médicamenteux habituels.  Pour l’instant, elles sont utilisées dans le cadre de douleurs inflammatoires, neuropathiques ou encore morales.

C’est un pas de plus dans la lignée du projet mené par la Clinique Saint-Pierre à Ottignies (évoqué dans un article précédent) qui avait installé quelques diffuseurs d’huiles essentielles.

Toujours dans un objectif d’humanisation des soins, le CHU de Mons est convaincu des bénéfices engendrés en matière de bien-être par ce type de prise en charge et souhaite pérenniser sa démarche.

Soins palliatifs : évolution de l’approche et pluridisciplinarité

Début juin, la Commission de la Santé de la Chambre a approuvé à l’unanimité une proposition de loi qui élargit la définition des soins palliatifs pour ne plus les limiter aux quelques semaines de fin de vie du patient.  La proposition vise à créer une culture dans laquelle le médecin traitant, qu’il soit généraliste ou spécialiste, évoquera les soins palliatifs à un stade précoce, alors que le traitement est encore en cours. Une approche qui pourrait être plus adaptée, notamment pour les cas de maladies neurologiques, cardiaques ou pulmonaires chroniques. La proposition adoptée retient le caractère avancé ou terminal de la maladie et insiste sur le caractère pluridisciplinaire de l’approche palliative : les soins ne seront pas limités aux seuls aspects médicaux, mais intègreront un accompagnement psychique, social, moral, existentiel et, le cas échéant, spirituel du patient et de ses proches.

Une évaluation budgétaire est en cours, les résultats sont attendus au mois d’octobre. La formule pourrait revenir ensuite devant le Parlement.

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L’enfant hospitalisé : comment l’impliquer davantage dans le processus de soins ?

Pour un enfant – comme pour de nombreuses personnes – l’hospitalisation peut être une épreuve particulièrement angoissante. Il est en manque de repères, confronté à la peur de l’inconnu, à la peur de souffrir…et il manque souvent d’informations. C’est ainsi que sur le blog Alors voilà – journal de soignés-soignants réconciliés, Baptiste Beaulieu nous livre ce témoignage d’un enfant hospitalisé, rappelant son besoin d’être informé : « Pourquoi, quand j’ai mal, on me dit « Chutt » ou « ça va aller » ou « mais non, mais non » ? ».

Pour favoriser l’approche orientée « jeune patient », l’association Sparadrap développe régulièrement des outils et formule des recommandations à l’attention des professionnels. Un article revient notamment sur les inquiétudes les plus fréquentes des enfants lors des soins, et les conseils pratiques pour diminuer la peur et la douleur.

La liberté des « petits choix »

Il est rare que le monde médical sollicite l’avis des enfants lorsqu’ils sont pris en charge. Bien sûr, s’il est normal de ne pas leur laisser le choix des actes médicaux à poser, il est toutefois possible de leur laisser une part de liberté en formulant des « petits choix » : la position du lit, l’intensité de la lumière, le choix entre deux positions au moment des soins, etc … Un processus qui tend à augmenter le sentiment de confiance et à conforter l’enfant dans son droit de s’exprimer. Voir l’article à ce sujet sur le site de Sparadrap, qui conseille également aux professionnels d’échanger leur expérience sur de telles pratiques.  N’hésitez pas à nous faire part de ce qui se fait dans votre institution, nous relayerons l’information sur ce site.

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